Rythmes scolaires => un sursis mais les craintes foisonnent

 

Rythmes scolaires

Rythmes scolaires

 

Le 15 novembre 2012, Vincent PEILLON, ministre de l’Education Nationale annonçait « cette réforme s’appliquera début 2013. Ça a été dit, ça a été répété.

Je veux que tout le monde s’y engage ».

 

Déclaration qui laissait entendre qu’il n’y avait aucune alternative à la mise en application de la réforme des rythmes scolaires. Les annonces défilent mais ne se ressemblent pas !!!!

 

Mon article –4.5 Jours d’école, une certitude en Sept 2013 => ça dérange– ne semple plus être d’actualité.

Pourtant il me semblait évident que « l’ordre » donné par un ministre faisait office d’obligation d’application.

 

Il paraîtrait que de nouvelles critiques et observations ont dû déranger le ministre V.PEILLON puisque la persuasion de son annonce du 15 novembre est devenue caduque.

 

 

En effet, les maires ou présidents d’EPCI (Etablissement Public de Coopération Intercommunale) pourront demander une dérogation au Directeur Académique des Services de l’Education Nationale (DASEN), de reporter la mise en place de la réforme des rythmes scolaires.

 

La décision favorable ou pas (et nul besoin de se justifier…) prise par le DASEN devra s’appliquer sur toutes les écoles de la commune ou de l’EPCI.

Apparemment, vous devriez connaitre la date de rentrée scolaire de vos enfants après le 1er mars 2013.

 

 

Autres remarques pouvant être prises en compte :

  • Le Conseil Supérieur de l’Education (CSE) a réfuté le projet de décret sur les rythmes scolaires. A savoir que sur 72 votants, seuls 5 ont voté pour, les autres se sont abstenus, ont voté contre ou même refusé de voter !!!! Le CSE n’est « qu’une instance de consultation » dont le gouvernement n’est pas obligé de prendre en considération les avis.
  • En contrepartie, le Conseil Economique, Social et Environnemental (CESE) approuve le projet et incite le gouvernement à accélérer la publication des décrets et circulaires d’application.

Qui de ces deux conseils aura eu raison de ses réflexions devant le gouvernement ???????

 

  • L’association des Maires de France et l’Association des petites villes posent la question des modalités de répartition de l’enveloppe de 250 millions d’euros destinée à financer l’application de la réforme des rythmes scolaires.

Mais cette dotation de 50.00€ par élève ne sera donnée qu’à la condition d’un passage au 4.5 jours à la rentrée 2013.
Certaines villes ont déjà chiffré le cout de cette réforme pour leur commune. Il apparait que la dotation ne soit pas du tout à la hauteur des frais engendrés par la mairie.

Certains maires se disent dépourvus de solutions même avec une dérogation, leur commune est endettée et n’envisage pas la possibilité de créer des emplois supplémentaires pour accueillir les enfants.

La crainte d’une inéquation d’attribution de fonds entre collectivités territoriales grandit et pourrait engendrer une plus forte disparité et de fait, une école d’autant plus inégalitaire.  Phénomène déjà connu entre ville riche et ville pauvre ou communes urbaines et communes rurales.

 

  • Les départements ont également mis en évidence leur rôle dans ce changement.

Transport scolaireEn effet, responsables de l’organisation et du fonctionnement des transports scolaires, ils vont devoir mettre en place des moyens matériels, financiers et humains en plus ; il parait donc tout à fait légitime qu’ils réclament « une part du gâteau de l’enveloppe » pour financer leurs nouvelles dépenses. D’autant plus que les directives du gouvernement les obligent à des économies de dépenses publiques.

 

 

  • Encore plus étonnant, la quasi majorité des syndicats d’enseignants a rejeté le projet de réforme des rythmes scolaires. Ils sont en désaccord sur le fait que 4.5 jours soient réellement bénéfiques à l’enfant.  Mais leur argumentation principale est que cette réforme implique massivement les collectivités territoriales.

Selon les certains syndicats :
« Je suis plus que dubitatif sur la mise en œuvre concrète sur le terrain : on renvoie aux collectivités locales pour la prise en charge des nouveaux temps, sans aucune garantie à ce jour d’un périscolaire gratuit de qualité pour tous ».
« Cette réforme laisse entrer davantage que par le passé les collectivités locales dans l’école ». « Ces dernières peuvent désormais faire des propositions d’organisation du temps scolaire sans même consulter les conseils d’école »,
« Il n’est pas possible de faire l’impasse sur les difficultés qu’auront les communes à recruter des animateurs qualifiés, les difficultés d’organisation en milieu rural où ils auront à effectuer de longs déplacements sur de grands territoires ou même sur les nouvelles normes d’encadrement des enfants qui restent à préciser ».
« Cela va accentuer les inégalités de traitement entre les élèves et la dépendance vis-à-vis des choix éducatifs des mairies au gré de leurs orientations politiques ! Ce n’est pas acceptable ».

 

 

Ces avis semblent justifiés puisque l’organisation de la semaine de travail devra être approuvée par le DASEN qui statuera sur les propositions du conseil d’école mais également des propositions du maire ou du président de l’EPCI.

 

On peut se poser la question de qui est le plus à même de proposer son expérience professionnelle dans l’Education Nationale !!!

Grève

Aujourd’hui commence la deuxième grève dans les écoles parisiennes contre ce projet de réforme des rythmes scolaires où il est attendu un suivi en masse des professeurs des écoles. A suivre celle de demain au point de vue national….

 

Vous l’aurez compris, la réforme des rythmes scolaires ne fait pas l’unanimité et suscite bien des interrogations, des craintes et des soucis de part et d’autres pour sa mise en place.
Collectivités territoriales et syndicats d’enseignants clament leur inquiétude et leur désapprobation face à ce changement de rythme scolaire.

 

De tous ces propos et craintes, il est toutefois préoccupant de ne pas entendre plus parler de l’objectif fondamental de cette réforme :

 

Quel est l’intérêt de l’enfant et que va-t-on lui proposer concrètement ?

Quelle durée d’enseignement, combien de temps pour les devoirs, quelles activités culturelles et sportives proposent la commune, les nouvelles matières, les projets éducatifs territoriaux, etc.

Et bien sûr, sans compter les parents pour qui bien des questions doivent se poser :

La nouvelle organisation de votre temps de travail par rapport aux horaires de l’école, les frais supplémentaires engendrés, et bien d’autres interrogations.

 

 

Beaucoup d’acteurs des collectivités locales sont conscient du bienfondé de la refonte de l’école mais sa mise en place leur semble trop rapide et se trouvent confrontés au surplus de financement de leur commune. De fait, plusieurs maires ont déjà annoncé le report de la mise en place des nouveaux rythmes scolaires en 2014.

 

Le projet de réforme des rythmes scolaires va être présenté dans quelques jours au conseil des ministres par Vincent PEILLON. Le projet sera sans aucun doute accepté puisque il serait étonnant que les ministres désavouent le travail de leur collègue. Il faudra attendre l’examen du projet à l’Assemblée Nationale et au Sénat pour connaitre les directives définitives.

 

 

Quoiqu’il en soit, le seul but, espérons-le, soit que les enfants puissent s’épanouir à l’école.

Cette réforme devrait attiser de nouvelles polémiques. Suite aux prochains épisodes !!!!!!!!

 

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